Le 5 octobre 2010, à 37 semaines d’aménorrhée, j’apprends avec effroi, que le cœur de mon petit Noah s’est arrêté, sans crier gare.
Dans la nuit 5 au 6 octobre 2010, je mets au monde mon petit ange, né sans bruit.
Les jours et nuits qui ont suivi ont été terribles. Entre les réveils nocturnes où je crois entendre mon fils pleurer et le manque incommensurable, il y avait mon aîné qu’il fallait rassurer, consoler.
On a, bien sûr, demandé une autopsie. Car la grossesse s’était très bien déroulée contrairement à ma première.
Il lui manquait un bout de poumon et les tendons au niveau d’une cheville n’avaient pas aboutis. Ça l’aurait probablement handicapé mais ça ne l’aurait pas empêché de vivre.
D’après ma gynéco, ce décès in utero, s’apparente à une mort subite du nourrisson.
La faute à pas de chance si l’on peut dire.
Après ce drame, au début, on ne vit pas : on survit.
On se met en mode automatique, en mode zombie car il y a le grand dont il faut s’occuper.
J’ai mis, on a mis des mois à s’en remettre. Mais on s’en est sortis, plus fort, plus soudés que jamais.
Par chance, nous avons été très bien entourés.
Nos amis venaient, à tour de rôle, nous voir, chaque jour, pendant des semaines. Jusqu’à ce qu’ils constatent que nous allions mieux. Ma mère nous appelait tous les jours.
Puis la période de Noël est arrivée, la blessure n’était pas totalement cicatrisée. Ce premier Noël, sans notre second fils, a été très difficile.
En 2013, notre fille arc en ciel 🌈 est née. Une grossesse où j’ai eu du mal à m’impliquer. Je n’osais pas, je ne voulais pas m’attacher à elle, de peur de la perdre aussi.
Mais quand elle est née vivante et qu’on me l’a déposée dans mes bras, j’ai ressenti une explosion d’amour.
En 2019, notre dernière est venue agrandir notre famille.
Aujourd’hui, nos filles savent qu’elles ont 2 grands frères. Un qui est avec elles tous les jours et un qui veille sur elles.
Je leur parle volontiers de ce grand frère absent. De cette manière, j’entretiens son souvenir.
Récemment, j’ai demandé à ChatGPT, de réunir tous mes enfants.
Je remercie la technologie, grâce à elle, j’ai une image de mes enfants réunis. Chose que je ne pouvais qu’imaginer ou rêver auparavant.
Pour nous, parents, la douleur ne disparaîtra jamais. Mais avec le temps, elle s’atténue.
Quelques dates ou moments clés sont plus douloureux que d’autres.
Comme les rentrées des classes ou les fins d’années scolaires.
On se demande dans quelle classe il aurait été, si il aurait aussi réussi son année etc…
Les semaines avant et après son anniverciel sont très douloureuses pour moi.
C’est toujours une période où je suis littéralement à côté de mes pompes., où je suis moins souriante, où les larmes montent sans prémices.
Je demande toujours congé le 5 octobre, car même si sur son acte de décès, il est indiqué le 6 octobre, pour moi sa date c’est le 5 octobre. C’est ce jour-là qu’on m’a annoncé que la grossesse s’était arrêtée.
J’espère que mon récit pourra aider quelques paranges
Bisous volants pour tous nos anges 👼