En 2024, je vivais une grossesse idyllique d’un petit garçon qu’on a décidé d’appeler Léandre. Je n’avais pas de symptômes désagréables, pas de soucis de santé, tout se passait bien.
Pourtant, j’étais persuadée que quelque chose allait mal se passer, je ne sais pas pourquoi.
Le soir du 27 juin, à 7 mois de grossesse, j’ai commencé à avoir des contractions mais rien de douloureux, des contractions post-effort. Je ne me suis pas inquiétée. On m’a toujours dit “Pas de douleurs, pas de travail”.
Puis à 4h30, le 28 juin, après une nuit presque blanche, j’ai eu 1 contraction qui m’a vraiment fait mal, ça a été la seule d’ailleurs, alors j’ai hurlé pour réveiller monsieur qui était à l’opposé de la maison.
Je lui ai juste dit “appelle les pompiers, vite”. C’était pas juste une contraction, je sentais la tête de mon bébé, il est arrivé sans bruit, sans douleur, je l’ai massé durant 45 minutes jusqu’à temps que le premier pompier arrive, en vain. Monsieur, lui, était complètement déconnecté. Pourtant en temps normal, je suis le feu, il est l’eau. Ce matin là tout s’est inversé.
J’ai ensuite eu 1 nuit en maternité, et je suis rentrée avec la date de rendez-vous pour les résultats de l’autopsie, le 19 août. Je vivais dans l’attente de ce rendez-vous pour que, finalement, à cette date, on me dise « on n’a pas les résultats, on n’a pas eu le temps de la faire », un choc mais il fallait que j’avance.
Je me retrouve sous anxiolytiques, antidépresseurs et somnifères.
Nous lui rendons hommage en plantant un arbre dans notre jardin en sa mémoire, une sorte de petite cérémonie en famille. Avec monsieur, on a décidé de se marier en 2027 et de réessayer d’avoir un enfant.
Je retombe enceinte en novembre 2024, très proche mais j’en avais vraiment besoin, c’était stressant, j’étais surveillée, bien suivie … puis j’arrive à ma T1 et là un médecin qui ne nous adresse aucun mot de toute l’échographie. Arrivé à la fin il me demande si je fume encore. Je lui explique que oui mais j’ai fortement diminué et qu’avec le stress, je suis incapable de tout arrêter et surtout j’ai arrêté le traitement pour la dépression.
Et là il nous dit sans un regard « faut arrêter c’est ce qui a tué le premier ». J’étais anéantie, il m’a simplement dit qu’ils ont « oublié de m’appeler » … Finalement je finis chez ma sage femme extérieure qui m’explique que ça n’a pas vraiment de rapport, que oui la cigarette n’a pas aidé, qu’il a eu un infarctus placentaire, c’est le sang qui n’était pas assez fluide mais que ça aurait pu arriver à n’importe qui même un non fumeur.
Je continue donc ma deuxième grossesse sous médicaments pour fluidifier mon sang.
Puis le 19 juillet 2025, j’accouche d’un magnifique petit garçon, en avance d’un mois mais en excellente santé. Il avait un début infarctus placentaire donc déclenchement pour écarter tout risque.
Nous avons fait le choix de ne pas cacher à Eliott l’existence de son frère, il fait partie de nos vies. Pour moi, je suis prête à écouter, soutenir, tous les autres paranges qui en ont besoin, je n’ai jamais été plus soutenue qu’avec d’autres paranges.
Voilà l’histoire de Léandre, né sans vie le 28 juin 2024 à domicile, et d’Eliott petit frère d’un ange.