Aujourd’hui, nous sommes le 9 septembre. Cette date, c’était celle de ton arrivée tant attendue.
Comme si le monde entier avait tourné la page, alors que moi, je reste figée, prisonnière de cette date.Elle est là, gravée au fond de moi, rappelant tout ce que j’aurais dû avoir, ce que j’ai perdu, et ce que je porte encore , lourdement, même dans ton absence.
Ce jour aurait dû être celui où on te prenait enfin dans nos bras, pour commencer notre histoire.
Ce jour-là, le chagrin et l’amour se sont entremêlés comme jamais auparavant.
J’ai vu le vide immense que ta présence aurait dû combler.
J’ai senti, au plus profond de moi, le poids lourd de ton absence.
Et pourtant, au cœur même de cette tristesse infinie, j’ai rencontré un amour incommensurable, un amour qui ne s’éteindra jamais.
Non, le temps qui passe ne guérit pas, ne calme pas cette douleur.
On apprend à avancer malgré tout, à marcher avec cette blessure ouverte.
Parfois on trébuche, on vacille, on perd pied.
Souvent …
Parfois nos pas deviennent si lourds, si lourds, qu’on se demande : pourquoi continuer à avancer ?
Je suis désolée, Liv.
Désolée de m’être tue, enfermée dans mon silence, par peur de déranger, par peur de ne pas être comprise.
Désolée d’avoir vécu cette douleur enfouie, en te portant en moi, en te perdant en même temps.
Désolée pour cette indifférence glaciale, pour ce manque cruel d’humanité de ceux qui auraient dû être là pour nous soutenir.
Je suis désolée pour tout cela.
Mais surtout, je t’aime.
Je t’aime pour toujours.