Nous arrivons au mois de décembre, c’est le mois de mon terme.
Je vais chez ma sage-femme qui me fait un décollement des membranes le 14 décembre. Je suis ouverte à 3cm à ce moment-là. Le week-end passe mais toujours pas mon petit trésor dans les bras.
Le 18, elle me refait un décollement, je suis ouverte à 4cm et la poche des eaux est tombée, c’est pour bientôt.
Le 20, la journée se passe relativement bien jusqu’au soir où je me rends compte que bébé n’a pas bougé depuis un moment.
Je décide de bouger mon ventre, boire du frais, du sucré, manger des cochonneries. RIEN. Bébé ne bouge plus !
Je me rends immédiatement à la maternité. Dans la voiture, je dis à mon mari : “Je suis sûre qu’il est mort.”
Arrivée à la maternité, la sage-femme me fait un monito. Je lui dis que je veux une échographie car je sens que ça ne va pas.
Elle ne trouve pas le cœur et décide de faire enfin une écho, et là je vois sa petite colonne vertébrale, il est inerte, il ne bouge pas.
Verdict : il n’y a plus de cœur. Nous sommes maintenant le 21 décembre à 01h30 du matin.
La sage-femme fait confirmer le diagnostic par une gynécologue pendant que moi, je suis anéantie.
Je décide de rentrer chez moi après toutes les informations et cachets reçus, je veux voir mes enfants à la maison.
Nous sommes maintenant le 22 décembre, jour du terme, je me réveille.
Je demande la péridurale, je ne veux rien sentir, je ne crie pas, je ne pleure pas, j’ai mal mais on me dit que c’est la douleur de la mère.
Je ne veux pas pousser, après tout si je pousse mon bébé ne sera plus avec moi … On me met le masque à gaz pour me soulager, je retiens mon bébé avec la sage-femme qui me chuchote “laissez-le partir” et moi qui répète “mon bébé …”
Finalement, mon corps décide de pousser tout seul …
Mon fils naîtra sans vie, sans un bruit, sans un regard, le 22 décembre 2023 à 13h39.
Un beau bébé de 3,660 kg et 54 cm.
J’ai gardé mon fils avec moi jusqu’à ce que je rentre en chambre. Arrivée en chambre, j’ai demandé à le voir à nouveau. J’ai fait un malaise, j’ai dû attendre avant de pouvoir le prendre. On m’a dit de ne pas trop le manipuler car il est fragile et froid.
Ensuite, je l’ai vu au funérarium. Jusqu’à sa mise en bière que j’ai dû vivre seule car papa devait garder les grands et ne se sentait pas capable de vivre ce moment.
Aujourd’hui, son urne est posée sur la tombe de ses arrière-grands-parents. Je lui rends visite très régulièrement avec mes enfants qui savent qu’ils ont un petit frère dans les nuages.
Ma maman le rejoindra d’une crise cardiaque 5 jours plus tard, il est bercé dans ses bras, j’en suis certaine.