Mon fiancé et moi sommes devenus paranges de 2 merveilleux enfants en l’espace d’un an.
C’est pourquoi mon histoire sera en 2 parties.
Ici se trouve l’histoire de notre fils Gabriël.
Après plus de 3 ans de relation avec mon fiancé, on décide enfin de fonder notre propre famille.
Lui avait toujours voulu être un jeune papa et moi je voulais être maman pour mes 25 ans (on avait respectivement 26 et 24 ans).
Au bout de 9 mois d’attente, en mars 2024 on apprend enfin la nouvelle : je suis enceinte !
On était les futurs parents les plus heureux et déjà complètement gagas de notre petit bout.
On lui parlait du matin au soir, mon fiancé embrassait mon ventre chaque matin, chaque soir et toujours avant de partir travailler. Le pur bonheur.
Après 1 mois et demi de grossesse, je commence à être fortement malade.
J’apprends souffrir d’hyperémèse gravidique et que je perdrais 5 kg au cours de ma grossesse tout en étant hospitalisée plusieurs fois pour déshydratation.
À 3 mois de grossesse, après un changement de gynécologue pour avoir l’opportunité d’accoucher plus près de la maison et après quelques frayeurs dues à certains petits saignements, on fait enfin l’échographie T1. On nous annonce que tout se passe super bien, que notre bébé est en bonne santé et très énergique. On nous dit également que les risques de fausse couche sont nettement diminués et qu’on peut donc l’annoncer à tout le monde.
Évidemment, au vu de ma situation, on l’avait déjà annoncé à pas mal de personnes car les kilos en moins se voyaient sur mon visage (je ne suis pas très épaisse de base).
Le lendemain de cette nouvelle, on retourne à l’hôpital car je perds à nouveau du sang (en plus grande quantité). Après un monito et étant donné que les saignements se calmaient, on nous renvoie à la maison avec un rendez-vous gynéco 3 jours plus tard afin de prolonger mon certificat si les saignements sont toujours là.
Le lendemain, les saignements reprennent un petit peu mais on ne s’en tracasse pas trop.
Dans la nuit, je me réveille et découvre avec angoisse que ma culotte est légèrement mouillée.
Je vais à la douche, honteuse, et me change avant de rejoindre mon compagnon.
Je ne prends pas le temps de le réveiller car je pensais à une simple fuite urinaire à ce moment là.
Arrive enfin le jour du rendez-vous et au fur et à mesure de la journée, je me sens de plus en plus mal.
J’ai le tournis, je bois énormément, je fais 40 de fièvre et je fais des chutes de tension.
Jusque-là je pense uniquement à une très mauvaise insolation …
Ma maman m’accompagne chez la gynéco car mon compagnon était occupé et c’est là qu’on m’annonce la pire chose.
On m’annonce que ma poche est rompue et que mon fils est décédé.
Mais les choses ne s’arrêtent pas là.
Je dois partir en salle d’opération d’urgence pour faire un curetage.
On me laisse quelques minutes pour encaisser la nouvelle puis on me prépare pour l’opération.
Je suis mal, je fais une crise d’angoisse mais je n’ai pas la volonté de me battre contre quoi que soit.
J’ai juste la force de demander d’attendre mon fiancé avant d’aller en salle d’opération mais on me dit qu’on n’a pas le temps et qu’il faut y aller maintenant.
J’apprendrai à mon réveil que l’urgence était là parce que je faisais une septicémie et que mon état était déjà grave.
On apprendra plus tard qu’il y avait une bactérie sur le placenta et que cette fausse couche tardive était sûrement “la faute à pas de chance”.
A mon réveil, mon compagnon est là ainsi que mes parents et nous entamons ensemble le processus de deuil qui ne nous quittera plus jamais.
Cette histoire, bien que horriblement triste, m’a permis de découvrir le lien maternel.
Ce lien si fort et si beau qu’il pousse ton corps à ne lâcher ton enfant sous aucun prétexte même si ça doit te coûter la vie.
Toutes les histoires ne sont pas toujours heureuses bien qu’il y ait toujours une part de beauté à en tirer.
Je ne regretterai jamais d’avoir eu mon fils malgré le traumatisme de notre histoire.
Je regrette uniquement de ne jamais avoir eu la chance de pouvoir le voir ou le sentir.
Pas un jour ne passe sans qu’il ne me manque et pas un jour ne passe sans qu’il me rende fière de lui.
Ce petit bébé de 14 semaines, qui, malgré les difficultés, s’est battu jusqu’au bout.
Mon fils qui veille sur notre famille de là haut et qui a réalisé notre rêve de fonder une famille.
Le 13 mai 2024 restera toujours gravé dans nos mémoires et dans notre histoire.
Mon Gabriël 💙