Icône d'étoile | Au-delà Des Nuages

Humeyna*

Le 31 octobre 2024, au terme de 40 semaines et 1 jour d’aménorrhée, j’ai senti ma fille bouger pour la dernière fois … Il était 3h du matin. Je suis allée me coucher co... Lire plus

Le 31 octobre 2024, au terme de 40 semaines et 1 jour d’aménorrhée, j’ai senti ma fille bouger pour la dernière fois … Il était 3h du matin.

Je suis allée me coucher comme si de rien n’était, sans savoir que tout allait basculer.  Un peu plus tard, une douleur violente m’a réveillée, très basse, au niveau du bas ventre.

J’ai pensé que ma vessie était simplement trop pleine.   Alors, je suis allée aux toilettes mais la douleur ne passait pas.

Au contraire, elle s’intensifiait, me pliant presque en deux pendant cinq longues minutes.

Puis sont venues les contractions.  Elles étaient encore espacées, supportables, gérables.

J’ai pensé que le travail commençait.   C’était la toute première fois que je ressentais de vraies contractions de toute ma grossesse ou du moins, les premières que je reconnaissais comme telles.

J’ai donc pris mon temps, en confiance, et je suis allée à la maternité dans la journée, persuadée que j’allais enfin rencontrer ma fille.

Une fois arrivée, j’explique ce que je ressens.  L’équipe me demande si j’ai senti ma fille bouger depuis.   Honnêtement, avec les contractions, je n’y avais pas prêté attention.

Ils m’installent en salle de monitoring.  Ils posent les capteurs sur mon ventre.

Dix secondes de silence.

Puis la sage-femme appelle un échographiste.  Il entre, commence une échographie.  Je sens, je comprends au fond de moi … quelque chose ne va pas.

Il ne dit rien.  Personne ne dit rien.  Juste ce silence, lourd, glacial.   Il appelle une deuxième échographiste.  Elle recommence l’examen.

Et là, elle me regarde.  Son regard me dit tout avant même qu’elle ouvre la bouche.  Elle me dit que le cœur de ma fille s’est arrêté.

Je m’effondre.  Je lui dis que ce n’est pas possible.  Je l’ai encore sentie bouger cette nuit, quelques heures plus tôt.  Ce n’est pas possible.

Je leur demande de recommencer …  de revérifier, encore et encore …  Ils le font mais les appareils, eux, restent muets.

Aucun rythme cardiaque.  Aucun son.  Juste le vide.

Et là, notre monde s’est écroulé.

Ils nous laissent seuls, mon mari et moi.  Le silence est plus assourdissant que n’importe quel cri.  On appelle nos mères.  On pleure.  On ne comprend pas.

Ensuite, l’équipe revient pour me faire des examens, des prises de sang et m’expliquer comment les choses vont se dérouler.

Puis, on rentre à la maison. Comme si de rien n’était.  Je suis rentrée avec mon ventre rond, mais le cœur vide.

Je ne réalisais toujours pas.  Sous la douche, j’ai essayé de la stimuler, de la faire réagir.  J’ai crié dans ma tête, je l’ai suppliée de me répondre.  Mais rien.  C’est là que j’ai compris …  c’était fini.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, les contractions ne m’ont pas quittée.  Toute la nuit, elles revenaient, régulières, douloureuses.   Au petit matin, j’ai pris les deux premiers cachets qu’ils m’avaient prescrits pour accélérer le travail.   Vers 9h ou 10h, la douleur était devenue insupportable.  Nous sommes retournés à la maternité, sans un mot.  Ils m’ont directement emmenée en salle de travail, posé la péridurale.

Et dans un silence glaçant, un silence qui déchire l’âme, nous avons accueilli notre petite princesse : Humeyna. 53 cm. 2,995 kg.  Une poupée parfaite, endormie à jamais.

Malgré la tragédie, malgré l’horreur de cette perte, j’ai eu un accouchement magnifique. Doux. Fort. Silencieux.

Nous avions 20 et 22 ans. Et nous avons enterré notre premier enfant.  Notre premier amour.  Le plus grand traumatisme de notre vie.

Quelques mois plus tard, nous avons reçu les résultats des examens réalisés sur moi et sur notre fille. Rien.  Aucune cause.  Aucun signe.  Tout allait bien.  Elle était en parfaite santé.  Moi aussi. Et pourtant, du jour au lendemain, tout s’est effondré.  Il n’y a pas de mots pour ça.

Aujourd’hui, nous attendons notre deuxième petite merveille, prévue elle aussi pour novembre.  Le même mois.  La même période.  C’est un tourbillon d’émotions.  On a peur, bien sûr.  Mais on avance. On fait tout pour rester confiants. Pour croire en la vie, malgré la mort. Pour continuer à aimer, malgré la douleur.

Partagez votre histoire avec d’autres parents

Vous souhaitez soutenir d’autres parents ou partager votre histoire et celle de votre étoile?

Envoyez-nous votre histoire ou vos expériences personnelles avec Au-delà Des Nuages et nous veillerons à ce qu’elle obtienne une belle place sur notre site Web.

Sfeerbeeld VZW Boven De Wolken | Gratis professionele fotosessies voor sterrenouders
Icône étoiles | Au-delà Des Nuages

Soutenez-nous ou devenez bénévole

Au-delà Des Nuages souhaite continuer à proposer ses séances photos à tous les parents en Belgique. En tant qu’organisation à but non lucratif non subventionnée, ils dépendent entièrement des dons et des efforts affectueux quotidiens de centaines de bénévoles. Voulez-vous nous aider? Cela peut se faire de plusieurs façons!

Sfeerbeeld VZW Boven De Wolken | Gratis professionele fotosessies voor sterrenouders
close