Mon petit Haris devait naître le 22 novembre 2025.
Finalement, la vie en a décidé autrement, il est né le 22 août à 22h à presque 7 mois de grossesse.
J’attendais mon deuxième enfant avec impatience, j’étais heureuse. J’aime plus que tout être maman et porter la vie. Tout se passait à merveille, pas de malformation détectée, rien qui ne présageait que son petit cœur allait cesser de battre.
J’avais beaucoup de stress au boulot, je tenais le coup en me disant qu’une semaine plus tard, nous devions partir en vacances une dernière fois à 3 avant d’accueillir le petit frère.
Quelques jours avant de partir, j’ai senti que quelque chose n’allait pas, certainement l’instinct de maman. Je ne le sentais plus bouger. Mon entourage a essayé de me rassurer au mieux en me disant qu’il était sûrement mal positionné.
J’arrive aux urgences, j’explique la situation à ma gynécologue qui était de garde ce soir là. Elle veut qu’on fasse une écho tout de suite. Lorsqu’elle a posé la sonde sur mon ventre, j’ai tout de suite vu que mon bébé ne bougeait plus. Elle continuait de regarder mais j’attendais l’annonce fatidique en gardant une petite lumière d’espoir en moi.
« Je suis désolée mais le cœur de votre bébé s’est arrêté », le monde d’effondre, je n’arrive pas à y croire.
Elle m’explique que son arrêt cardiaque est très récent. Mon instinct ne m’avait donc pas trompé. Une partie de moi est morte ce jour là.
Ensuite, tout s’enchaîne très vite. On me parle d’accouchement, de tests, d’analyses et d’autopsie. Je n’arrivais plus à réfléchir, tout me semblait comme dans un mauvais rêve.
Le lendemain, j’étais à l’hôpital pour me faire déclencher. Chaque heure qui passait me rappelait que c’était donc la fin.
J’ai fini par accoucher en pleurs dans les bras de mon mari, effondré lui aussi, dans un silence sans nom.
J’ai pris mon petit bébé dans mes bras, et en le voyant, je me suis sentie mourir une seconde fois. Il était parfait, très beau et n’avait aucune malformation. Je ne comprends toujours pas pourquoi son petit cœur a cessé de battre.
Je l’ai serré contre moi aussi fort que j’ai pu, en essayant de graver chaque détail de son petit visage dans ma mémoire. Ses traits étaient si paisibles, comme s’il dormait. J’ai compté ses doigts, j’ai caressé ses joues, et son petit nez et je me suis dit que c’était tout ce que je pouvais lui offrir : de l’amour, même dans ce court instant.
Puis il a fallu le laisser partir. Le moment le plus brutal de toute ma vie. Quitter l’hôpital sans lui, le ventre vide, les bras vides … c’est une douleur que rien ne peut décrire.
Aujourd’hui, je vis avec ce manque. Je souris, je ris, je m’occupe de mon aîné, mais une partie de moi est restée figée le 22 août. Mon petit Haris fait partie de moi pour toujours.
Il m’a changée à jamais, il a marqué ma vie d’une empreinte invisible mais éternelle.
Son absence est insupportable mais son souvenir est mon moteur. J’espère qu’un jour, quand je le reverrai, je pourrai lui dire : « J’ai continué à vivre, mais je ne t’ai jamais oublié. »