Le 4 juin 2024, nos deux corps se sont séparés mais Aecha, mon petit ange, tu es restée partout où je suis, dans chaque souffle, dans chaque pensée.
Ce jour-là, le temps s’est figé, et pourtant, ton amour continue de me guider et d’éclairer mon chemin.
J’ai appris ta présence à deux mois de grossesse.
Je t’ai portée avec tout mon cœur, comme ta grande sœur, avec un petit poids semblable et des échographies rassurantes même s’il y en a eu peu. Tout semblait aller pour le mieux.
J’avais tellement hâte de te rencontrer, Aecha Tatiana.
Lors de mon dernier rendez-vous chez la sage-femme, tout était parfait. Elle m’a dit qu’elle n’avait plus qu’à me souhaiter un bel accouchement, sans péridurale, comme pour ta sœur. C’était important pour moi.
Si seulement j’avais su … ce dimanche matin-là, trois jours après ce rendez-vous, je n’ai plus senti tes mouvements. À peine posée au sol et commençant à marcher, j’ai compris que quelque chose n’allait pas.
J’ai pris un jus d’orange pour te stimuler, mais aucun signe de vie ne répondait à ma main.
J’ai décidé de partir à l’hôpital, le cœur lourd. On ma accueillie, froidement, et la sage-femme a posé le monitoring sur mon ventre … aucun battement. Elle m’a dit de ne pas m’inquiéter et m’a envoyée directement en échographie. L’attente fût interminable. Je la voyais chercher sur l’écran, silencieuse. Quand je lui ai demandé ce qu’il se passait, son visage m’a donné la réponse que je n’étais pas prête à entendre : il n’y avait plus d’activité cardiaque, c’était terminé …
À cet instant, j’avais l’impression de vivre un cauchemar éveillé. Je ne réalise pas, je suis submergée d’un tas d’émotions. J’ai mal, j’ai peur, j’en veux à la terre entière.
On me dit de me rhabiller et de m’asseoir dans le bureau de la gynécologue. On me donne deux cachets à prendre et je dois choisir entre rester 24h à l’hôpital ou de repartir chez moi, avec déclenchement dans les 24 heures.
Je dois aussi choisir entre “incinération ou inhumation?” … je pleurais toutes les larmes de mon corps. J’ai pensé à ma fille aînée et j’ai décidé de rentrer pour rester près d’elle.
Aecha est restée avec moi un petit moment avant que les contractions ne commencent le lendemain en fin de journée. Peut-être le temps pour nous de nous dire au revoir?
Le travail s’est fait naturellement. Quand les contractions se sont intensifiées, je suis repartie à l’hôpital.
Toute la nuit, elles se sont amplifiées. Le matin, à 6h, j’ai appelé les sages-femmes. Elles m’ont conduite en salle de naissance et 1h30 plus tard, tu es arrivée, dans le plus grand silence, dans le plus grand amour.
Aecha signifie “fille aimante”. Ce prénom n’a pas été choisi par hasard. Il est pour toi.
Je ne saurai jamais pourquoi ton petit cœur a cessé de battre. Mais tu es là, dans chaque souffle, dans chaque instant de ma vie.
Le chemin du deuil est difficile et chaque jour se vit différemment.
Cette photo, c’est la dernière que j’ai prise, je t’ai parlé, je t’ai dit au revoir lors de notre promenade au parc et juste après les contractions sont apparues.
Je souffre de ton absence mais je remercie la vie de m’avoir permis de te porter, d’avoir pu te parler, de t’aimer chaque jour, hier, aujourd’hui et pour toujours et d’avoir tissé ce lien avec ta grande sœur qui sait que sa petite sœur est notre plus bel ange et qu’elle t’aime tout autant que moi. 👼🏻
Je t’aime mon Ange.
À vous, mamanges et familles touchées par la perte d’un enfant : vous n’êtes pas seules. Courage, douceur et tendresse à vous tous. ❤️