En 2011, j’ai 17 ans, je me fais opérer en urgence pour une torsion d’ovaire avec kyste dermoïde de 8cm à l’intérieur. On me retire l’ovaire et la trompe car mauvais diagnostic médical et attente trop longue aux urgences.
Elle me pose une question assez mal placée “y avait-il une fréquence cardiaque à la précédente écho ? Car là, c’est fini”. Je m’effondre. Elle me dit que ça fait environ 1 mois que cela est terminé, soit 1 ou 2 jours après l’écho de datation mais je n’ai eu aucun signe annonciateur.
La gynéco me dit que “si, j’ai forcément dû avoir des signes”. Je comprends alors que le dialogue serait difficile entre nous.
Elle me tend une ordonnance en me disant de faire une prise de sang et un test covid en urgence pour passer au bloc le lundi (nous étions vendredi) Ce que je fais le lendemain, détruite.
Reprenant mes esprits, je rappelle le service pour demander à quelle heure et où je dois me présenter. Une sage femme me répond qu’elle n’est pas au courant de la situation et que je dois rappeler le dimanche.
Nous voilà dimanche, je rappelle le service, la sage femme me passe la gynéco que j’ai vue en consultation. Cette dernière me dit à peine bonjour et me demande directement si j’ai effectué les examens demandés. J’acquiesce. Elle me dit que je serai recontactée le lendemain par les anesthésistes et qu’elle transmettra mon dossier.
Le lundi matin, 9h pétante, j’appelle le secrétariat des anesthésistes. La secrétaire me dit que non, elle n’a pas mon dossier, ce dont je me doutais …
Je me réveille avec un sentiment de tristesse mais de sérénité.
Une dure semaine s’écoule.
Je retombe enceinte en mars 2023.
Le 1er mai 2023 je me mets à avoir de violentes douleurs abdominales avec des caillots de sang importants. Je file aux urgences.
L’infirmière me demande de faire un ECBU (bien que je savais ce qui se passait), je fais la petite toilette au Dakin et là, sur la compresse, ce petit fœtus dans son sac gestationnel.
Je fonds en sanglots et appelle l’infirmière afin de lui dire que ça y est c’est fini.
Elle m’emmène dans une chambre à l’écart de la salle d’attente où attendent plusieurs mamans.
J’attends l’interne afin qu’il me fasse une écho de contrôle.
Je n’avais pas eu besoin d’être suivie psychologiquement suite à mes fausses couches mais tout a ressurgi à l’accouchement avec une violence inouïe. La dépression post partum s’est installée. Un suivi de 9 mois a dû être réalisé.
Aujourd’hui, cela va mieux même si des hauts et des bas sont encore présents.
Je souhaite un bon courage aux parents passants par ces moments. Tout mon soutien.