Je m’appelle Lindsay.
Fin mai 2023, j’apprends que je suis enceinte d’un petit garçon.
Le médecin me dit que j’ai fait un petit déni de grossesse car je n’avais aucun symptôme et j’étais toujours indisposée.
Tu n’étais pas prévu mon bébé mais je t’aimais déjà tellement fort dès l’instant où je t’ai vu sur ce petit écran, où j’ai entendu les battements de ton petit cœur, j’ai ressenti une vague d’amour immense ❤️
On me dit dans un premier temps que tout va bien et que tu es en pleine forme j’étais heureuse de te savoir en bonne santé.
3 jours plus tard, je ressens des douleurs intenses dans le bas du ventre et j’ai des saignements rouge vif assez importants. Je me rends donc aux urgences, là, on m’examine et on me dit que toi tu vas très bien mais que par contre, j’ai un décollement placentaire assez important (la gynécologue me dit que 3 jours plus tôt, le gynécologue qui m’a examinée aurait dû voir l’importance du décollement.
On me met donc sous traitement et je dois rester alitée, je ne peux me lever que pour aller aux toilettes sinon je dois rester au maximum couchée, ce que j’ai fait. Par la suite, cela se passait plutôt bien, les saignements n’étaient plus aussi importants et je n’avais presque plus de douleurs, je me disais donc que tout irait bien et que tu viendrais au monde à terme et en bonne santé.
Malheureusement pour nous, mon ange, cela n’a pas été le cas.
Arrive le 9 juillet 2023, jour de mon anniversaire, j’avais 30 ans. Papa m’avait fait un bon repas pour cette occasion, j’étais très heureuse car j’avais mon plus cadeau d’anniversaire dans le ventre : toi ❤️ tu bougeais tellement, je me sentais tellement heureuse ce jour là … puis arrive le lendemain début d’après midi ce maudit 10 juillet 2023 : j’ai recommencé à saigner très fort et j’ai commencé à avoir de grosses contractions (je savais j’avais compris ce que c’était, j’avais déjà ressenti ça pour tes 2 grands frères).
Je dis donc à ton papa d’appeler l’ambulance en urgence, que ça ne va pas et qu’il y a un problème.
Habitant dans un immeuble au deuxième étage, les ambulanciers ont dû appelé les pompiers et me faire descendre par la fenêtre car je ne pouvais pas descendre par les escaliers, je pleurais beaucoup mais les pompiers ont eu les mots justes pour me rassurer, j’ai donc commencé à avoir un petit espoir pour toi, pour nous …
Arrivée à l’hôpital, je suis prise en charge directement.
On me fait une échographie et là le drame, je vois la gynécologue changer de tête, me regarder puis regarder à nouveau l’écran puis elle me regarde à nouveau et elle me dit: “Madame, si vous avez autant de douleurs et de sang, c’est parce que la poche s’est fissurée, elle est en train de se vider, nous ne pouvons rien faire. Votre fils va mourir et si vous n’accouchez pas vite, vous aller mourir également car vous faites une grosse hémorragie …”.
Tu étais toujours en vie, ton cœur battait et je devais accepter qu’à tout moment, ce si beau son que j’aimais tellement entendre comme une mélodie douce qui apaise le cœur allait disparaitre … je ne pouvais pas, je ne voulais pas l’accepter. Ca été le choc pour moi, le choc d’apprendre que tu allais partir et que je ne pouvais rien y faire et le choc de la manière dont ça m’a été dit, sans aucun tact, avec une indifférence cruelle.
Pour tes 2 grands frères, j’ai fait le choix d’accoucher sans péridurale mais pour toi, je n’ai pas réussi, la douleur émotionnelle étais telle que je ne pouvais plus supporter la douleur physique.
J’ai donc demandé la péridurale, elle m’a été posée à 18h15 et à 19h50, tu venais au monde sans un bruit, ce silence cruel est insurmontable pour moi.
J’ai imaginé pendant longtemps que ça n’était pas vrai, que ça n’était pas à moi, à nous que c’était arrivé, que j’étais dans un cauchemar et que j’allais bien finir par me réveiller … mais non c’était bien vrai, je t’ai donc mis au monde le 10 juillet 2023 à 19h50, tu faisais 28 petit centimètres.
On m’a demandé si je voulais te voir, bien sûr que je voulais te voir, tu es mon fils et je t’aimais déjà tellement, je t’ai gardé dans mes bras, je ne voulais plus te lâcher.
Je voulais garder espoir (même si au fond de moi je savais que c’était impossible) mais j’espérais tellement te voir respirer, t’entendre pousser un cri, n’importe quoi du moment que cela me donnait une lueur d’espoir, une chance pour toi de vivre mais rien du tout, ça ne s’est pas passé.
Le personnel médical a été tellement antipathique, tellement cruel. Le lendemain de ta naissance, je sortais de l’hôpital car j’étais dans le même service que les autres parents et entendre tout ces petits bébés pleurer me brisait le cœur.
J’ai demandé à te voir, je voulais te revoir avent de partir.
On t’a amené dans ma chambre dans une petite bassine remplie d’eau glacée. Ton petit corps nu dans cette bassine, je ne l’ai pas supporté.
Je voulais te sortir de là, te serrer dans mes bras et te dire que tout irait bien mais je n’ai pas réussi j’étais comme paralysée devant cette image de toi qu’on m’a imposée et que je ne pourrai jamais oublier.
Le 14 juillet était ton enterrement, ça a été très dur pour papa et moi. Nous avons choisi une magnifique chanson pour te dire un dernier au revoir (à vrai dire c’est plus maman qui l’a choisie mais papa l’a approuvée). Je ne l’avais jamais entendue avant et désormais je l’écoute tellement souvent en pleurant et en pensant à toi.
J’ai l’impression que tu es près de moi dans ces moments-là et j’en ai besoin, tous les soirs je dors avec ton doudou ça me donne l’impression d’être plus proche de toi même si j’ai la chance d’avoir tes 2 grands frères tu me manqueras pour Toujours.
Tu a laissé un vide immense dans nos vies, dans nos cœurs 😢😥
Mon fils, mon bébé, mon petit ange, tu as déployé tes ailes sans un bruit mais tu vivras toujours en moi, en nous et notre amour pour toi est éternel 🤍
A tout les paranges, je vous envoie tout le courage possible et toute la tendresse possible pour surmonter cette épreuve difficile, nos anges veillent sur nous et vivront toujours en nous 🤍🌟👼🤍