Nous sommes en été 2024. Notre premier fils vient d’avoir 4 ans. Nous nous sentons enfin prêts à avoir un 2ème enfant.
Deux mois plus tard, un lundi, je décide de faire un test de grossesse : celui-ci est positif mais la barre est légère. Je vais faire une prise de sang qui est également positive mais le taux est très léger. Mon médecin me conseille de refaire un prise de sang le vendredi.
Le mercredi je perds un tout petit peu de sang (jour où j’étais supposée avoir mes règles donc je suppose que c’est l’implantation) mais pas plus et puis plus rien. Le vendredi je refais une prise de sang positive. Je prends rdv chez la gynécologue pour le mardi. Le dimanche matin je sens que quelque chose ne va pas. J’ai des maux de ventre intenses … des contractions en fait. L’après-midi nous partons nous promener en famille et là je perds énormément de sang, comme des règles. Je comprends que quelque chose ne va pas. Je fais un message à ma gynécologue et celle-ci me rappelle. Elle me dit que je fais certainement une fausse couche biochimique/précoce car les taux d’HCG étaient forts bas et n’ont pas augmenté comme il fallait. Je la vois le mardi, c’est confirmé, mon bébé ne s’est pas accroché. C’était très précoce, j’étais de 5 semaines mais c’était dur malgré tout. On se dit que c’est quelque chose qui n’allait pas et que c’est comme ça. On décide de reprendre notre vie normalement.
Je retombe enceinte directement après. On se dit “aller cette fois c’est la bonne.” Je consulte une autre gynécologue car la mienne n’est pas disponible. Selon elle tout va bien, nous n’entendons pas encore de cœur mais c’est normal c’est très tôt. La semaine suivante même verdict, mais pour elle tout va bien. Un vendredi soir, je perds un peu de sang. Je me rends aux urgences. Et là à l’écran, on ne voit pas d’embryon, ni de cœur, mais 2 “tâches”. Je suis normalement de 7 semaines donc on devrait voir l’embryon. La gynécologue des urgences me dit que j’ai certainement des jumeaux car le taux d’HCG est très élevé et pour elle les 2 tâches sont les embryons. Elle pense que je suis enceinte de moins de 7 semaines.
Là je me dis que ce n’est pas possible, comment vais-je faire pour gérer des jumeaux? Si j’avais su … Le samedi matin je reperds beaucoup plus de sang. Je me dis que l’histoire se répète.
Je décide de retourner aux urgences et c’est ma gynécologue qui est de garde. À l’écran on voit à nouveau plusieurs “tâches” sans vraiment distinguer d’embryon. Elle pense à une grossesse molaire ou éventuellement une fausse couche en effet de jumeaux. La machine à échographies des urgences n’est pas très précise.
J’ai rendez-vous avec elle le lundi 2 décembre à 8h. Elle me fait l’échographie, ça dure longtemps car elle veut savoir ce qui se passe. Elle pense encore à une grossesse molaire et commence à m’expliquer (tout en continuant l’échographie) et là … Elle l’a trouvé, mon bébé, mon embryon … je le vois et je comprends qu’il n’est pas au bon endroit. Elle écoute le cœur, je l’entends et là je fonds en larmes car je sais que nous allons devoir le faire partir. Elle m’annonce que c’est une grossesse extra utérine et qu’elle va devoir m’opérer dans la journée en urgence car si la trompe se rompt, je peux faire une hémorragie grave.
Je sors de la bouleversée, nous rentrons faire un sac et nous allons à l’hôpital. Ça a été long pour rentrer en chambre.
Ils ont dû me mettre en maternité car l’hôpital est complet, c’est dur. J’ai peur. Arrivée au bloc j’ai froid, je tremble de tout mon corps.
On me met le masque pour m’endormir. Je me réveille ensuite dans une salle froide, blanche et je manque de m’étouffer.
L’infirmière vient auprès de moi m’aider et me réchauffer. Et là mes larmes coulent toutes seules. Je sais qu’on m’a retiré mon bébé ainsi qu’une trompe. Je sais que c’est fini. Je remonte en chambre et j’ai mal aux cicatrices quand je pleure.
La sage femme est très gentille (peut-être un des avantages à avoir été en maternité) et me propose de voir un psychologue mais je refuse.
Je passerai une partie de la nuit à pleurer.
Nous devions faire une pause d’au moins 3 mois. Ensuite, au printemps nous décidons de retenter d’avoir ce bébé tant désiré.
Je tombe enceinte 3 mois après les essais. Je n’ai plus beaucoup de souvenir du test de grossesse mais je sais que les taux d’HCG sont très bons.
Je suis vite vue par ma gynécologue car j’ai des risques de récidive de grossesse extra utérine. On voit un sac à l’écran mais le sac n’est pas bien rond. La gynécologue me dit que ce n’est pas bon signe mais qu’on va refaire une échographie dans une semaine. La semaine suivante pareil, pas vraiment d’amélioration. Nous sommes vendredi. La gynécologue me dit que ça n’évolue pas et me propose de faire un avortement par médicaments le mercredi suivant. Cependant, elle me rappelle le lendemain car mon taux HCG a énormément augmené et j’ai des symptômes de grossesse. Elle me dit que l’on va attendre encore pour être sûrs. Je me dis qu’il va se développer.
Une semaine après, à 7 semaines, je vois une autre gynécologue et là toujours rien, on pense voir un petit embryon et le placenta se développe … mais ce n’est pas une grossesse qui évolue normalement. La gynécologue me propose soit d’attendre que la grossesse parte naturellement, soit de prendre les médicaments.
Je décide d’attendre qu’il s’en aille mais je me laisse 2 semaines de délai car je ne veux pas me faire plus de mal. Deux semaines plus tard, je revois ma gynécologue. Elle me refait une échographie. Toujours rien et elle pense à une grossesse molaire car on voit des “tâches” à l’écran etc. Je dois avoir un curetage dans 2 jours car nous devons analyser les prélèvements pour savoir ce qu’il se passe. Je sors de là complètement à l’ouest. Jedécide d’aller au restaurant avec mon compagnon … car je sais qu’après cette intervention, je n’aurai plus le cœur à rien.
Le jeudi je rentre en hôpital de jour. L’infirmière est très gentille et me pose les questions obligatoires :”Savez-vous pourquoi vous êtes là ? Est-ce bien votre 4ème grossesse ?” Elle m’explique comment l’intervention va se passer. Peu de temps après on vient me chercher. L’infirmière au bloc est gentille. Là je vois ma gynécologue qui me dit :”Aller, c’est bientôt fini …” Je sens de la compassion dans sa phrase, mais ça me brise le cœur.
Et là on m’endort. Je me réveille peu de temps après, je pleure … Je sais que c’est à nouveau fini.
Je remonte en chambre et là j’ai juste envie de rentrer chez moi.
Je rentre, vide.
Les jours suivants ont été longs et compliqués. J’attends les résultats des analyses.
Et quelques semaines après, nous apprenons que les analyses n’ont rien montré, nous sommes donc sans réponses. Il n’y avait pas d’embryon et les analyses chromosomiques montrent que ça aurait été une fille.
Je me sens brisée. Mille et une questions. Pourquoi la vie ne veut-elle pas me donner ce second enfant. Je ne suis peut-être pas capable d’assumer 2 enfants. Mon compagnon me dit que si la prochaine ne fonctionne pas que nous devons arrêter de nous acharner. Je ne suis pas d’accord avec lui. Je lui dis que c’est mon corps et moi qui subissons et que je donnerais tout pour avoir ce bébé.
Je pense qu’au fond il souffre et ne veut plus me voir souffrir aussi.
Un mois et demi après … je sens que je suis à nouveau enceinte. Je le sens, je le sais. Mais je me voile la face car j’ai peur.
Nous partons au Portugal. Je prends des tests au cas où et le jour où je suis censée avoir mes règles, elles n’arrivent pas.
Je fais ce test : il est positif. Je le dis à mon compagnon. J’ai peur. Je dois attendre de rentrer en Belgique pour voir ma gynécologue.
Nous avons rendez-vous 10 jours après.
Ce premier rendez-vous est enfin rassurant. On voit le sac et la poche.
Je me dis “ça y est c’est la bonne” et en même temps je me dis “non ça ne tiendra pas encore”.
Les jours me semblent une éternité. Mais les échographies suivantes sont rassurantes et enfin à 6 semaines nous entendons un coeur qui bat. Nous sommes rassurés. Et à la fois j’ai peur.
Les semaines passent et notre bébé se développe. On le voit grandir, se développer. Tout va bien. Il m’arrive d’aller consulter juste pour être rassurée. Et à 16 semaines je le sens bouger. Il est là et me dis que tout va bien.
Je profite de cette grossesse tant désirée. Je ne suis pas sereine à 100% mais j’essaie d’être positive et d’avancer un jour à la fois. Notre bébé, notre petit garçon arrivera début juillet.
Le chemin n’a pas été si long par rapport à d’autres couples … mais il n’a pas été facile. Nous n’oublierons jamais nos bébés envolés et remercions l’univers de nous offrir ce 5ème bébé.