En décembre 2024, une nouvelle vie commence à grandir en moi. Une joie discrète, fragile mais immense.
Puis en février 2025, le monde vacille. Des saignements, l’urgence, la peur. Je me rends à l’hôpital en pensant avoir perdu mon bébé. Et puis, contre toute attente, ce moment suspendu : on me fait écouter son petit cœur. Il bat. Le soulagement me traverse comme une vague. Il est là, il vit.
On m’annonce alors un décollement. Le temps se fige. Repos forcé, attente, angoisse mêlée d’espoir, jusqu’à la T1. C’est là que tout bascule à nouveau : j’ai fissuré la poche des eaux.
Trois longues semaines plus tard, rendez-vous au DAN. L’annonce est presque irréelle : tout va mieux. Bébé va bien. Ses reins sont fonctionnels. La fissure a dû se colmater.
C’est un immense soulagement, nous respirons enfin. Nous sommes heureux.
Je reste bien entendu au repos, prête à tout pour le protéger.
Un mois passe, arrive le jour de l’anniversaire de ma fille, un jour qui est censé être rempli de joie.
Et pourtant, ce jour-là, tout s’effondre : je romps totalement la poche des eaux, trop tôt, beaucoup trop tôt. Je suis enceinte de quatre mois et demi.
Je me rends de nouveau à l’hôpital, de nouveau le DAN. Quelques jours d’hospitalisation, suspendus entre espoir et peur.
Puis les mots que personne ne veut entendre : notre bébé est en souffrance. Ses poumons ne se développent pas, le manque de liquide depuis le début l’a empêché de grandir comme il aurait dû.
On nous demande de prendre une décision.
C’est la descente aux enfers.
Quinze jours plus tard, le 02 mai 2025, j’accouche d’un petit garçon, Lou, notre fils.
Nous avons pu passer plusieurs heures avec lui, blotti dans nos bras. Un moment hors du temps. Il était si beau. Et il ressemblait tellement à sa grande sœur.
Ces instants resteront à jamais gravés en nous.
Puis vient le jour de la sortie et la visite de son petit corps à la chambre mortuaire. Il est dans une boîte sur laquelle est inscrit : « déchet anatomique à incinérer ». Une violence de plus, un nouveau choc, un nouvel effondrement.
Nous décidons alors de récupérer notre bébé pour lui offrir une incinération digne de l’amour que nous lui portons, incinération qui sera faite le 06 Mai 2025.
Aujourd’hui, Lou nous manque terriblement.
Chaque seconde.
Chaque jour.
La tristesse est immense, mais elle cohabite avec autre chose : la gratitude. Celle d’avoir pu le porter, de l’avoir rencontré, de l’avoir aimé, d’avoir partagé ces moments précieux à ses côtés.
Aucun mot ne semble assez fort, assez juste, pour expliquer ce vide immense qu’il a laissé derrière lui. Il manque à chaque instant, dans chaque respiration, dans chaque pensée.
Son absence est partout, même dans le silence.
Mais au-delà de notre douleur de parents, il y a une autre peine, tout aussi déchirante : notre grande fille a perdu son petit frère.
Elle est devenue grande sœur pour toujours … sans pouvoir grandir à ses côtés.
Elle l’attendait. Il faisait déjà partie de sa vie. Il avait une place dans son cœur, dans son imaginaire, dans notre famille.
Et aujourd’hui, elle doit apprendre à vivre avec cette absence qu’elle ne comprend pas toujours mais qu’elle ressent profondément.
C’est une injustice immense. Une blessure silencieuse.
Lou était notre fils.
Il était son petit frère.
Il nous manque si fort.
À chaque moment du quotidien. Dans les rires qui sonnent parfois faux, dans les instants heureux qui auraient dû être partagés à quatre.
Il manque dans les projets que nous avions faits, dans l’avenir que nous avions imaginé pour lui. Il manque dans les bras qui restent vides, dans les pensées qui reviennent sans cesse vers lui.
Nous essayons de rester forts. Pour notre fille. Pour continuer à avancer. Pour survivre, tout simplement. Mais être fort, ce n’est pas facile. Parfois, c’est même impossible.
Il y a des jours où la douleur prend toute la place. Des jours où le chagrin est trop lourd, où le manque est insupportable, où l’on se sent brisés.
Alors on fait ce que l’on peut.
On tient.
On respire.
On pleure quand c’est trop.
On sourit quand on y arrive.
Lou fera toujours partie de nous. Il fera toujours partie de notre famille. Il restera à jamais le petit frère de notre fille, même s’il n’a pas pu grandir à ses côtés.
Nous parlerons de lui, nous dirons son prénom, nous lui ferons une place dans nos souvenirs, dans nos cœurs, dans notre histoire.
Parce qu’on ne cesse jamais d’aimer son enfant.
Parce qu’on n’oublie jamais son frère.
Tu nous manques terriblement, Lou.
Chaque jour, chaque instant.
Et même dans la douleur, tu resteras à jamais notre petit garçon, et le petit frère tant aimé de ta grande sœur. 🤍