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Ibrahim*

Au retour des vacances estivales 2024, un test de grossesse et voilà une jolie surprise. Un petit être était en train de grandir en moi par la grâce de Dieu.... Lire plus

Au retour des vacances estivales 2024, un test de grossesse et voilà une jolie surprise. Un petit être était en train de grandir en moi par la grâce de Dieu. Nous étions tellement heureux d’agrandir notre famille et de multiplier notre amour. Ce bébé était encore une fois l’accomplissement de notre amour, de notre famille.

Nous n’avons gardé ce secret que très peu de temps car nous avions tellement hâte de l’annoncer à la fratrie, à la famille, hâte d’attendre ce bébé tous ensemble..
 

À la visite du quatrième mois, nous avons été informés que nous attendions un petit garçon. On le sait déjà, il s’appellera IBRAHIM.

La grossesse se passait bien hormis de la fatigue. Un joli ventre se dessinait au fil des semaines.
 
J’avais hâte de le voir, de le tenir dans les bras, hâte de l’aimer, il n’était pas encore là mais qu’importe, au final, je l’aimais déjà tant.
 

Nous avons préparé son arrivée en famille, les achats bébé, la valise maternité tout était prêt pour la naissance de notre fils.

J’avais quelques hausses de tension nécessitant du repos mais rien d affolant, le plus important était qu’il allait bien, il grandissait bien et bientôt il serait avec nous.
 

Début février, ma consultation avec la gynécologue arrive, comme d’habitude rien à signaler, ce petit bébé va bien. Elle m avertit sur le fait que je risque d’être fatiguée car le bébé va faire un pic de croissance mais à l’aube du huitième mois, c’est tout à fait normal.

Voici venue la fin du mois de février 2025 et un pressentiment étrange m’habite. J’ai une impression de manque d’activité de la part de mon bébé.

J’ai demandé à la sage femme libérale de m’ausculter. Elle ne voit aucun signe de détresse fœtale, on entend son petit cœur: je l’ignorais mais ce sera la dernière fois …
 
Dans la soirée du vendredi 21 février, il bouge un peu, se retourne, cela a suffi pour me rassurer.
Puis dans la nuit, j ai eu des difficultés à faire pipi, je ne m’inquiète pas, je me dis simplement que le bébé s’est positionné sur ma vessie.
 
Le samedi 22 passe, je suis occupée mais ce pressentiment ne m’a pas quittée, la nuit suivante je n ai pas dormi.
 
Le dimanche 23 février, je me lève à 7h avec une seule idée en tête, partir aux urgences de la clinique, cela m’obsède, je me prépare rapidement, j’avertis mon mari qui souhaite venir avec moi. Je refuse pour ne pas l’inquiéter mais au fond de moi, je sais …
Je savais comme un sixième sens, l’instinct maternel ou autre que l’on m’annoncerait que son petit cœur s’était arrêté.
Je ne peux toujours pas l’expliquer aujourd’hui.
 
J’arrive à la clinique, l’auxiliaire de puériculture n’arrive pas à poser le monitoring, la sage femme me dit : “c’est pas grave Madame, on va faire une écho, ce sera plus simple”. Je ne regarde pas l’écran, j’ai si peur d’avoir raison.
 
Le gynécologue de garde arrive, il m’explique qu’il va déjà prendre les mesures du bébé, je jette un œil sur l’écran et je le vois mon bébé, mon fils IBRAHIM immobile, j’ai compris. Le docteur m’annonce avec beaucoup d’empathie que ma grossesse s’est arrêtée.
 
La sage femme me serre la main, je pleure, j’appelle mon mari qui est arrivé trente minutes plus tars vu que nous avons un peu de route jusqu’à la clinique.
 
Le gynécologue m’explique comment vont se dérouler les prochaines heures, je n’ai plus les mots … J’ai le souffle coupé, les pensées qui se brouillent, je ne sais plus quoi faire.
 

J’accepte la situation comme un signe de Dieu et m’en remet à lui car c’est cette foi qui me donnera la force d’affronter la vie d’après.

Oui, car à partir de ce moment, la vie ne sera plus jamais la même, nous le savons malgré tout nous avons décidé de se serrer les coudes comme nous l’avons toujours fait et nous affronterons ensemble cette épreuve si douloureuse qu’est la perte d’un enfant.
 
La sage femme me donne les premiers médicaments qui permettront la modification du col.
 
Nous passerons le dimanche en famille dans cette chambre de maternité sans berceau, je ne les remercierai jamais assez d’être toujours là peu importe les circonstances. Mon bébé est encore au creux de mon ventre, je profite de ces derniers instants, je profite de caresser mon ventre qui est devenu son cercueil pendant quelques heures.
Le lundi 24 février, d’autres médicaments me sont administrés, ceux là permettront le déclenchement du travail.
 
Ma gynécologue me rend visite à sa prise de poste, elle est triste, me tient la main et est désolée comme si elle se sentait responsable de la situation, de ne pas avoir vu quelque chose d’inhabituel ou autre. Je la rassure et lui dis que c’était notre destin.
 

A 20h, les contractions se font sentir légèrement, à 22h elles s’intensifient. La sage femme de nuit me donne un décontractant pour que je puisse me reposer un peu mais rien n’y fait. Je le sais, je le sens, ce sera pour cette nuit. À 1h30 du matin, les contractions sont très fortes, je suis dirigée en salle de naissance. La péri est à peine posée, il est là, je le sens arriver.

 
À 2h16, IBRAHIM est né dans un silence des plus glaçants, un silence qui veut tout dire et qui vient confirmer l’invitation de la mort à notre vie.
Mon mari comprend avec beaucoup plus de clairvoyance que moi que notre bébé est décédé, il se sent mal, a envie de pleurer et en même temps de s’évanouir, c’ est violent pour lui. Moi je suis encore sous le coup de l’accouchement, sous le choc de ne pas l’avoir entendu pleurer et ne pas l’avoir vu respirer.
 
L’auxiliaire de puériculture nous demande si elle peut le préparer avant de nous le donner, nous acceptons. Cela permettra à la sage femme de finir les soins maternels. Notre fils est là avec nous, dans un petit nid d’ange que nous a offert la maternité car il était trop petit pour les habits que je lui avais ramenés. Mon fils est dans mes bras, il est si beau, il ressemble à son grand frère, je le berce, je prie, je pleure.
Je suis sa maman pour l’éternité, il est mon fils pour l’éternité, je l’aimerai tous les jours que Dieu fait.
 
Nous le câlinons, nous profitons de notre fils car nous le savons ce sera le seul et unique moment que nous passerons tous les trois. Nous l’aimons tellement.
 
Mon mari a géré toute l’organisation post accouchement, la déclaration à la mairie, les obsèques. Ce fût la semaine la plus éprouvante de ma vie.
 
IBRAHIM est né sans un bruit le 25 février 2025, si petit mais il laisse un vide immense dans notre famille.
 
Là où nous devions prendre soin de notre fils, nous lui rendons visite au cimetière.
 
Plus tard, nous saurons avec l’analyse placentaire que le placenta a cessé de fonctionner, entraînant le décès de notre fils.
 
À ce jour, j aurais dû être encore enceinte et dans mon dernier mois de grossesse mais la vie en a décidé autrement.Je me sens si seule pourtant très entourée mais le vide qu’a laissé mon fils à l’intérieur de moi est abyssal.
Je m’efforce d’être la même pour mes enfants mais au fond de moi, j’ai changé à jamais car je suis à présent ce que nos appelons une Mamange.
 
Est-ce un titre honorifique ? Non, nous sommes des mamans en deuil, meurtries pour toujours dans notre chair, amputées de nos enfants et un amour qui malheureusement restera à sens unique.
 

Il s’appelle IBRAHIM et c’est mon fils.

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