Icône d'étoile | Au-delà Des Nuages

Giulia*

Giulia … un prénom plein de douceur pour une petite fille au visage si paisible.  Elle dégageait une sérénité bouleversante comme si elle avait apporté avec elle un peu de... Lire plus

Giulia … un prénom plein de douceur pour une petite fille au visage si paisible.  Elle dégageait une sérénité bouleversante comme si elle avait apporté avec elle un peu de ciel.
Je n’ai pas eu le temps de découvrir sa personnalité mais je sais qu’elle a existé, qu’elle a vécu à travers moi et qu’elle a fait de moi une maman.   Pendant neuf mois, elle a grandi en moi, elle a connu mes battements de cœur, ma voix, mes émotions.  Elle faisait partie de moi.

Tout au long de ma grossesse, les médecins me disaient que tout allait bien.  Le seul point qui attirait l’attention, c’était une dilatation de ses intestins, que le gynécologue mentionnait à chaque échographie sans jamais nous dire que cela pouvait être grave.
On nous répétait que Giulia était en pleine santé et ces mots suffisaient à nous rassurer. Jamais je n’aurais pu imaginer qu’une telle anomalie pouvait lui coûter la vie.

Je devais accoucher à l’hôpital d’Ath.  Une semaine avant la date prévue, les médecins avaient décidé de programmer une césarienne.  Cette dernière fût programmée pour le 2 octobre car Giulia présentait déjà quelques signes qui nécessitaient de la prudence.
Mais la vie en a décidé autrement.  Dans la nuit du 30 septembre, j’ai perdu les eaux plus tôt que prévu.  J’étais déjà ouverte à cinq centimètres.
Tout s’est précipité.  En urgence, j’ai été transférée à l’hôpital d’Erasme car mon accouchement ne pouvait plus attendre.

Je me souviens de ce trajet comme d’un moment irréel.  J’étais angoissée, perdue mais j’essayais de rester forte.
En arrivant, les médecins m’ont préparée pour la césarienne.  Je tremblais tellement que le médecin a eu du mal à poser la péridurale.
Malgré tout, je gardais espoir.  Je me répétais sans cesse que ma fille allait vivre, qu’on allait la sauver.

À 13h17, le 30 septembre, Giulia est née.  Mais la salle est restée silencieuse.  Je n’ai entendu aucun cri.  On ne me l’a pas montrée, je n’ai pas pu la prendre dans mes bras, ni faire ce peau à peau que j’attendais depuis des mois.  Les médecins l’ont immédiatement transférée d’urgence en néonatologie pour une opération du ventre.  Ce moment a été d’une douleur indescriptible.  Tout ce que j’aurais voulu, c’était entendre sa voix, la toucher, sentir sa chaleur.  Mais je n’ai pas eu cette chance.  Je n’ai jamais vu ses yeux s’ouvrir.

Quelques heures plus tard, après l’opération, les médecins sont venus nous annoncer ce qu’aucun parent ne devrait entendre.  Giulia ne pouvait pas être sauvée.  Depuis le jour où elle avait eu du liquide dans le ventre, il n’y avait plus d’espoir.  Le monde s’est effondré.  Tout ce en quoi je croyais, tout ce que j’espérais s’est brisé en un instant.

Giulia a vécu sept heures.  Sept petites heures, si courtes et si précieuses.  Elle a passé tout ce temps contre moi.  Elle s’est éteinte dans mes bras, là où elle avait toujours été en sécurité.  Ces heures resteront gravées à jamais dans mon cœur : un mélange d’amour infini et de douleur absolue.

Nous avions tout préparé pour elle.  Nous avions même déménagé dans une grande maison, pour qu’elle y grandisse entourée d’amour.
Et pourtant, quand nous sommes rentrés, nous sommes revenus les bras vides.  Le silence de la maison résonnait comme un écho de son absence. Tout était prêt, sauf la vie.

Pendant neuf mois, Giulia a vécu en moi.  Ses petits coups, ses mouvements, sa présence constante …  Si j’avais su que ces instants seraient les derniers où je la sentais vivante, j’en aurais encore plus profité.  Mais je sais que je lui ai tout donné : tout mon amour, toute ma force, chaque battement de mon cœur.

La douleur d’une telle perte est cruelle, indescriptible.  Elle laisse un vide que rien ne comble.  Mais au milieu de cette souffrance, il y a un amour éternel, un lien indestructible entre une mère et son enfant.  Giulia m’a appris la force, la tendresse et l’amour pur, celui qui ne disparaît jamais, même quand la vie s’arrête.

Aujourd’hui, je veux dire à tous les parents qui ont perdu un enfant qu’ils ne sont pas seuls.  Même si la douleur semble insurmontable, il existe des cœurs qui comprennent, des bras qui soutiennent et des associations qui écoutent avec bienveillance, comme celle-ci « Au delà des nuages ». Nos enfants, partis trop tôt, continuent de vivre à travers nous.

Giulia ne sera jamais oubliée.  Elle reste ma fille, ma lumière, mon amour éternel.

Pour toujours dans mon cœur, ma petite étoile Giulia 💫

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